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To be skiff ... or not to be ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Nicolas G.   
Index de l'article
To be skiff ... or not to be !
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Quilibre du bateau
Tous debout!
Les manoeuvres
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Je vais essayer de répondre à une question simple : qu'est-ce que la navigation sur un skiff a de particulier ?

Tout d'abord, je voudrais clarifier les choses à propos des skiffs. OUI ces bateaux sont fantastiques, NON ces bateaux ne sont pas réservés à une espèce mutante de kangourous ! De la même façon qu'il existe des 420 et des 5o5, il existe des Bizzu et des 18pieds. Autrement dit, les skiffs ne sont que des dériveurs et il y en a pour tous les niveaux et tous les types d'utilisation.

Je voudrais également revenir sur une chose : au début des années 90 la presse spécialisée n’a pas compris le phénomène des Nouveaux Dériveurs en effrayant tout le monde avec des mots comme "élitiste", "équilibriste", "extrême", "casse-gueule", "débutants s'abstenir", "réservé à quelques funambules", etc. Les médias ont ainsi attiré les regards sur ces bateaux mais en disant implicitement à tout le monde "ce n'est pas pour vous ! ". Cette grave erreur a coûté cher à tous les constructeurs et revendeurs en France et par la même occasion aux pratiquants. Bien sûr il existe des skiffs à ne pas mettre entre toutes les mains et qui exigent un entraînement régulier ; mais d’autres sont accessibles à tous ! Il faudrait donc voir à ne pas généraliser.
De plus, sur presque toutes les photos que l'on montre dans les revues, on voit deux personnes complètement à l'arrière, sous spi, bateau cabré, avec un sillage de fou. Sans vouloir casser le mythe, ce n'est souvent que le sillage du zodiac du photographe, et le bateau en question est souvent sous spi ... au près ! Sûrement plus démonstratif ! Quant à être cabré à en voir la dérive, si vous voulez arrêter le bateau, ne faites pas autrement ! Alors une fois pour toutes, arrêtons les bêtises, et soyons sérieux... Car quoi qu'il arrive, au niveau technologie, performance, sensations, spectacle, une chose est sûre : le skiff, c'est l'avenir ! Alors autant s'y mettre maintenant !


18pieds AustralienDéfinition du "skiff".

Jusqu'à présent, il était accepté qu'un bateau assez gros pour faire une vague ne pouvait aller plus vite, sans déjauger, que la vitesse à laquelle il produit une vague de la longueur de sa coque (du fait de l'augmentation de la traînée).

Cette règle n'est plus universelle.
Des mesures de vitesse faites sur un 18'' par 7-8nds de vent ont montré que le bateau marchait à 7-8nds de moyenne. Le fait d'aller aussi vite que le vent est remarquable, mais là n'est pas la question. Le fait marquant est que le bateau évoluait dans ses lignes d'eau (non déjaugé), alors que sa vitesse de carène est de 1.34 x root18=5.7nds. Et un 18'' commence à planer à 9nds!! L'évolution et les progrès des 18'' amenèrent ainsi à un résultat inespéré : les 18'', avec leur carène ultra-légère et tendue, ont réussi à éliminer le pic de traînée (apparaissant normalement, sur une courbe de traînée, juste avant le planing), considéré comme inhérent à n'importe quelle coque capable de faire une vague. Le 18" fut donc le premier skiff.

En fait le principe est relativement simple : il faut gagner de la puissance, donc de la surface de voile, sans prendre de poids ou rallonger la longueur à la flottaison. La solution est elle aussi simple et connue, il suffit d'écarter le poids des équipiers. Leur moment de force est alors plus important (leur couple de rappel), on peut donc mettre d'autant plus de toile, en rajoutant juste le poids de quelques tubes et d'un mât un peu plus gros. Pas grand-chose face aux quelques tonnes de plomb qu'il faudrait ajouter sous la quille d'un habitable ! Cela permet alors de dessiner des carènes beaucoup plus tendues et planantes, puisque le gréement est plus puissant.

Cela a bien évidemment un inconvénient, et pas des moindres : la stabilité ! Ou plutôt, l'instabilité! Car le poids n'est pas au centre du bateau comme sur un quillard, mais le plus à l'extérieur possible. Mécaniquement, aucun problème, puisque le poids est équilibré par la force du vent dans les voiles. Mais plus les poids sont écartés, plus les variations du vent seront sensibles !

Autre phénomène, ce gain de puissance, surtout en terme de rapport poids/puissance, permet d'atteindre des vitesses beaucoup plus élevées, et surtout d'être au planing beaucoup plus tôt. Les formes de carènes ont donc évolué dans ce sens, avec des entrées d'eau très fines, des sections centrales relativement rondes pour les manœuvres, et des sections arrière très plates pour le planing. Si de telles carènes améliorent nettement les performances, elles ne rendent pas les bateaux plus stables !
De plus, les entrées d'eau très fines rendent le bateau performant au près, mais sont sujettes à enfournement au portant. Les spis ont donc eux aussi évolué avec des tangons de plus en plus longs et une répartition des volumes qui soulage l'étrave. La globalité du bateau est donc extrêmement bien étudiée, mais sa bonne marche demande un temps d'adaptation et une nouvelle façon de naviguer pour nombre d'entre nous.

Plus couramment, on appelle "Nouveaux Dériveurs" les dériveurs à spi asymétrique gréé sur un bout-dehors, généralement dotés d'ailes plus ou moins larges. Ils sont donc plus toilés que les dériveurs traditionnels.
L'appellation "Nouveaux Dériveurs" étant déjà vieille (les années 90), et ceux-ci étant les dériveurs traditionnels de demain, on généralise maintenant pour tous les appeler des "skiffs". Qui plus est, cette expression "Nouveaux Dériveurs" est une invention de la presse, expression qui a jeté des doutes sur ces bateaux, nouveaux à l’époque, et qui faisaient peur. Les mots sont symboliques et le symbole réel.


Rassurez-vous, la plupart des skiffs courants, comme les Laser 4000, ISO, Buzz, etc. ne sont pas aussi extrêmes que les 18pieds, et sont parfaitement accessibles, tout en répondant à peu près aux mêmes attentes.
Le plus dur reste ensuite de savoir très honnêtement où vous en êtes dans la pratique du dériveur, et surtout quels sont votre motivation et vos objectifs. Car entre régater, s'entraîner régulièrement avec un équipier fixe, et s'amuser de temps en temps avec ses enfants, ce n'est pas le même programme, donc pas le même bateau qu'il vous faudra !


Voici un tableau vous permettant un peu mieux de vous y retrouver dans ces bateaux :


Quel skiff pour qui ?


Je considère comme débutants ceux qui ont une faible expérience du dériveur et aucune expérience en skiff, comme intermédiaires ceux qui ont une faible expérience en skiff, mais une bonne pratique de la voile, en habitable ou en dériveur. Enfin, en tant qu'expérimentés, ceux qui s'entraînent régulièrement en skiff. Pour les autres, qu'ils fassent ce qu'ils veulent...
En gros, dans la partie rouge de la bande, vous aurez un peu de mal, dans la partie blanche, vous songerez à changer de bateau. Bien sûr, cela est aussi très sensible à votre propre motivation.


Je vais maintenant essayer de vous éclairer au mieux sur certaines règles, qui vous faciliteront la pratique du skiff.



Mise à jour le Samedi, 27 Septembre 2008 15:02