Ca y est, vous êtes décidé, vous allez participer au prochain rassemblement Breizhskiff!

Votre peur de ne pas avoir le niveau technique nécessaire sur votre skiff et votre expérience faible de la régate vous faisait dire que « Décidément non, les régates en skiff ca sera pour quand je maitriserai mieux la bête…. »

Cependant on vous l’a conseillé à maintes reprises sur le forum, participer à une régate du Trophée Breizhskiff vous permettra de progresser bien plus rapidement qu’en naviguant tout seul sur son plan d’eau préféré…
Forcément: on y retrouve des personnes expérimentées qui connaissent très bien les techniques de navigation quelque fois particulières de nos skiffs et qui sont toujours enthousiastes à partager leur expérience et à vous enseigner les rudiments du jeu de la régate!

Trophée Breizhskiff Carnac 2016

La convivialité et le partage d’expérience sont en effet deux fondamentaux des régates Breizhskiff, à terre comme sur l’eau!
Vous trouverez toujours une personne avec qui échanger et qui pourra vous conseiller dans le domaine des réglages, de la conduite du bateau ou de la tactique.

Si vous êtes un novice de la régate, pas de panique…
Tout d’abord si vous n’êtes pas familier avec les règles de course à la voile, vous pouvez prendre connaissance facilement des fondamentaux en consultants les Règles d’Introduction à la Régate 2013-2016 éditées par la FFV. Certaines épreuves se courent sous l’égide de ces règles simplifiées. Ce n’est pas le cas des régates Breizhskiff qui appliquent les règles de course à la voile « classiques » mais pour lesquelles la connaissance de ces règles simplifiées suffit largement!

Ensuite ne vous inquiétez pas, même si certains ont un passé de voile à haut niveau (jusqu’à l’Olympique) l’ambiance sur l’eau à toujours été conviviale!

Et si des situations de conflit de trajectoire peuvent tout naturellement se produire sur l’eau, sachez que le bon usage sur les régates Breizhskiff fait que les jury n’ont jamais à traiter de réclamation officielle, les débriefs s’effectuent autour d’une bière!

S’organiser un minimum pour participer dans de bonnes conditions….

Ne restez pas seuls dans votre coin pour dormir sur place!
A moins d’avoir la maison familiale de vacances à quelque minutes du lieu de régate, quel dommage de louer un logement tout seul dans son coin alors que d’autres solutions nettement plus conviviales existent!Tout d’abord, les participants qui ont la chance d’avoir un logement proche proposent bien souvent d’héberger du monde…
Ensuite: camping, appartement, maison, hébergement collectifs… De nombreuses solutions s’offrent à vous quasi-systématiquement! Pas d’organisation centrale, le forum et les échanges individuels sont à privilégier.

Préparer les démarches administratives

Rassurez-vous, rien de compliqué, mais mieux vaut le savoir….
Tout d’abord les licences FFV: rares sont les clubs qui proposent des licences à la journée pour régater, vous devez prendre une licence compétition auprès de votre club préféré!

<<– A revoir suite simplification 2017

Ensuite, le certificat médical! Le bon sens voudrait que chacun court sous sa propre responsabilité et même si la législation évolue sur la nécessité d’un certificat annuel spécifique à la pratique du sport concerné en compétition, les clubs sont encore très conservateurs… La responsabilité pourrait leur être incombé en cas d’accident.
Donc pour ne pas avoir de mauvaise surprise et courir le jour de l’inscription à la recherche d’un fax ou d’un médecin compréhensif, on prend ses dispositions et on appose au dos de sa licence le fameux cachet médical de son médecin!

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Enfin, le bulletin d’inscription… Les clubs proposent via leurs sites internet ou par le forum les bulletins d’inscription à renvoyer le plus tôt possible afin de leur donner de la visibilité sur l’organisation de la régate (bénévoles, bateaux sécurité, repas, fûts de bières…).
La plupart des clubs définissent une date limite à partir de laquelle l’inscription est toujours possible mais majorée. C’est rageant, mais c’est comme ça….

Se rendre sur le lieu de régate

Pas de conseil sur la conduite en elle-même avec un bateau attelé, pensez juste à bien prendre une roue de secours adaptée à votre remorque! (Attention aux remorques Mer Sea ou Westmersea utilisées fréquemment et qui ont un entraxe différent des roues en France….)

Avant de partir sur l’eau….

Instructions de Course (IC): les IC fournies à l’inscription ou affichées sur le tableau officiel ont été largement standardisées par la FFV depuis quelques années. Résultat, on peut se concentrer sur les sections qui nous intéressent vraiment:

  – les heures de mise à disposition par jour: l’heure à laquelle le comité de course pourra commencer à envoyer des manches. Attention donc au temps nécessaire pour se rendre sur le parcours qui peut aller de quelques secondes (Lacanau, La Ganguise,…) à 15-20mn (La Baule, Carnac,….) en fonction de l’orientation du vent.

Le parcours type des régates Breizhskiff

 – Les parcours: banane, Dog-leg, porte…. Là on rentre dans le vif du sujet!
Les parcours des régates Breizhskiff sont généralement des bananes, c’est à dire des aller-retours entre deux bouées mouillées dans l’axe du vent avec une ligne de départ et une ligne d’arrivée en bas du parcours.
C’est relativement simple, pas besoin de faire plus compliqué.
Une bouée dite de « Dog-leg » (numéro 2 sur le schéma) est généralement positionnée pour éviter des croisements un peu trop chauds en haut du parcours. Faut-il envoyer le spi à la bouée au vent ou attendre la fin du dog-leg? Ça dépend…. de la position du dog-leg (angle et longueur), de votre bateau et de la maitrise que vous en avez (facilité ou non à envoyer le spi, capacité à loffer sous spi), la force du vent….
Essayez de voir ce que font les premiers à la bouée au vent, ça vous donnera une bonne indication de quoi faire (ou ne pas faire!)

Une porte peut-être positionnée en bas du parcours en remplacement d’une simple bouée à contourner.

Le nombre de tours à effectuer est généralement de 2 ou 3 pour un temps moyen de 30-40 minutes par manche, faites bien attention à la pavillonnerie envoyée au bateau comité.
Chez Breizhskiff on aime bien les parcours au « temps au moyen au tour ». Le principe est simple:le nombre de tours est non-défini au départ et le comité de course décide à un moment donné que les bateaux doivent compléter leurs tour et rejoindre la ligne d’arrivée (par un signal sonore + pavillon). Résultats, les bateaux les plus rapides (I14, RS800, 49er…) peuvent effectuer 3 tours (voir plus pour des Moths Foiler) tandis que les moins rapides vont effectuer dans le même temps 2 tours seulement. Pour chaque bateau on divise le temps de course par le nombre de tours ce qui un « temps moyen au tour » ce qui permet de donner un classement.
Un des intérêts de cette formule est de diminuer le temps d’attente entre deux manches.

Dans tous les cas, consultez bien les instructions de course pour comprendre le(s) parcours et n’hésitez pas solliciter les autres en cas de doute!

L’émargement: la plupart des clubs imposent un émargement au départ sur l’eau et au retour. C’est un moyen pour eux de s’assurer que tout le monde est bien rentré à terre sain et sauf….
Une feuille est généralement scotchée sur une table près du tableau officiel.
Le briefing coureurs du premier jour précisera les modalités d’émargement.

En vente sur sur la plupart des sites des shipshandlers

La pavillonnerie: aie, là on rentre dans le dur… Quoi de plus frustrant que de voir le comité de course envoyer des signaux visuels  sans les comprendre….. Même si seulement une demi-douzaine de pavillons sont généralement utilisés, il est utile de connaitre leur signification.
Une solution très simple consiste à acheter une planche autocollante qui permettra de lever un doute….

Combien de tours à effectuer pour la prochaine manche?

Départ de manche

Clairement la phase la plus délicate de la journée et qui peut générer un peu de stress au début.
Pas de panique, comme nous l’avons dit précédemment les régates Breizhskiff sont vraiment très amicales. Même si les plus mordus ne vont rien lâcher et hausser un peu le ton pour garder une position sur la ligne tout se passera bien à condition de ne pas faire n’importe quoi:

Sur la plupart des skiffs la contre-gite est quasi obligatoire sur les phases de départ


– le départ babord « qui tue et dont tout le monde parlera au bar ce soir »:  si vous êtes le seul à avoir pris cette option qui paraissait pourtant géniale quelques secondes avant le départ c’est que probablement elle ne l’était pas tant que ça (géniale).
– l’abatée sauvage 20s avant le départ sous prétexte qu’on est trop haut sur la ligne: un déboulé bon-plein sur une ligne occupée risque de se terminer au carton.

Excellent départ du RS300 au plus proche du comité par rapport au reste de la flotte pourtant plus rapide!

Donc pour les premiers départs vous pouvez décider de rester sagement en retrait d’une ou deux longueurs au départ en attendant que ça se passe (ce qui n’est pas forcément une mauvaise option si on reste assez « haut » et au vent du comité, il arrive très fréquemment que des espaces se créent au comité et on peut faire un très bon départ lancé au comité dans de l’air pas trop perturbé quelques secondes après le top.

Lorsque vous aurez pris la mesure de votre bateau (votre capacité à rester sur place, à se repositionner sur la ligne,… ) et des autres bateaux, n’hésitez pas à venir jouer votre place sur la ligne, le départ est définitivement la phase la plus excitante d’une régate!
Si par malheur les bateaux venaient à se toucher, les faibles vitesses sur la phase d’attente et les échelles des skiffs font que les contacts sont généralement sans gravité..

Les 2 B14 et le I14 sont placés!

Les procédures de départ sont très classiques en 5 minutes, signal d’avertissement à 4 minutes, affalé de l’avertissement à 1 minute et top départ…

Après le top départ…

Pas facile le Musto….

Bon pas de miracle, si avant de venir vous dessaliez 4 ou 5 fois par sortie avec 12-15kts de vent, ce n’est pas parce que vous serez en régate que miraculeusement vous allez devenir le futur sélectionné pour les prochains JO en 49er….
Comme on dit, probablement vous « ramasserez les bouées » en étant loin derrière les premiers mais quel que soit votre objectif ces heures passées sur l’eau en compagnie d’autres skiffeurs seront toujours plus bénéfiques que naviguer seul skiff dans son coin.
Sachez que vous serez toujours classé et que vous ne ferez jamais pour rien l’effort de finir une manche…

Participer à une régate Breizhzkiff, c’est l’occasion de vous exercer aux manœuvres courantes de manière plus répétitive sur un rond de régate que tout seul sur son plan d’eau.
Participer à une régate Breizhskiff c’est pouvoir bénéficier des conseils (que vous le demandiez ou non!) des plus expérimentés en direct sur l’eau et bien souvent d’avoir l’opportunité de naviguer avec eux sur votre bateau!
Effet immédiat garantit:
  – mais pourquoi je dessalais à chaque empannage sous spi? Gilles est venu me montrer qu’il fallait naviguer un peu plus loffé pour avoir de la vitesse, déclencher l’empannage bateau à plat en descendant une vague et surtout ne pas rester plein cul vent arrière en sortie d’empannage….
 – les 20mn de nav avec François sur le 800 m’ont permis de comprendre qu’au près,  à plat c’est à plat et que si tu pensais qu’il y avait assez de hâle-bas, bah en fait non il n’y en avait pas assez…..
Et pourquoi pas aller découvrir les joies des bateaux à hautes performances en allant demander à Julien de faire un tour de I14?

Ce que nous disent généralement les anciens débutants qui ont osé franchir le pas, c’est qu’en 3 jours de régate ils ont progressé autant que dans les 3 premiers de navigation!

Pour finir sur une bonne note votre journée de régate, offrez donc une bière à l’auteur de cet article, ça lui fera plaisir de savoir que vous êtes allé jusqu’à la fin!

Julien Antier – I14 Carbon Catapult
Breizhskiff Project